Presque rien, une lettre

Mon enfant
Pardon pour la colère
Ce matin deux pigeons
Luttaient sur le balcon
Et j’ai perdu patience
Je supportais les bruits
De la circulation
Et leurs ailes cognaient
Cognaient sur la fenêtre

Mon ami
Pardon pour la colère
Au parc l’après-midi
Deux chiens se sont battus
Et j’ai eu un peu peur
Leurs gueules retroussées
Ont effacé le ciel
L’automne et le jardin
Sous les yeux de leurs maîtres

Mon amour
Pardon pour la colère
Ce soir sur le palier
Deux sœurs claquaient des portes
Et j’ai mal aux oreilles
À travers la cloison
J’entendais marteler
La même histoire idiote
Presque rien, une lettre


HG – novembre 2019

Des moineaux sur des chrysanthèmes: estampe
Katsushika, Hokusai (1760-1849).

Rédigé par Hervé Gasser

Écrivain et enseignant, je vis et travaille à Lyon.

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